Téléobservateur

Des silhouettes féminines marchent dans l’obscurité, dans un silence rompu seulement par le claquement de leurs tongs. Elles se rendent sur leur lieu de travail, les rues de Ouagadougou. Un nouveau bruit, tout aussi léger et régulier, se fait bientôt entendre : celui des petits balais sans manche qu’elles passent méticuleusement sur la route. Ces femmes, issues de milieux défavorisés, appartiennent à la Brigade verte, une association qui travaille pour la mairie. Le dos cassé en deux, elles dépoussièrent les artères de la capitale du Burkina Faso avant son réveil. Un travail ingrat, rétribué chichement, méprisé par les hommes et les jeunes, rendu dangereux par les voitures et les mobylettes, mais assurément utile.

«Au début, se souvient l’une d’elles, engagée dans la Brigade verte depuis dix ans, il fallait gratter la route avec des pioches pour voir le goudron. Il était complètement recouvert de terre. C’était tellement sale que ça ne donnait pas envie de balayer. Mais, aujourd’hui, ça a diminué.» Même relative, cette nouvelle propreté a permis la plantation d’arbres, et Mariam, Eugénie et Ramata sont fières de cette amélioration. À travers leur modeste tâche, ces femmes qui n’ont pas l’habitude de s’exprimer évoquent leur condition, la polygamie, la pauvreté, l’analphabétisme… Livrés sans commentaires, autant de témoignages réalistes et touchants.

Article Isabelle Pia sur Téléobs

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